ROMANS & NOUVELLES
Jean-Marc CECI, Les étoiles du silence, Le Soir Venu, 2025
(Lien vers ma page sur le site des éditions Le Soir Venu)
Présentation par l"éditeur :
« C’était il y a longtemps.
Il veut raconter avant d’avoir tout oublié.
Quel âge avait-il ?
Dans sa tête, il n’était encore qu’un enfant. »
"Enfant, Peihn ne parle pas. La nuit, il s’enfuit de chez lui, se couche sur le toit des immeubles et regarde les étoiles. Il souffre d’un mal rare et étrange, issu du mystère de nos origines. Perdu dans une existence terne et solitaire, le garçon multiplie les comportements provocateurs, si bien que les convocations au tribunal jalonnent son quotidien. Quand le destin met sur son chemin deux êtres décidés à l’aider, un juge particulièrement bienveillant et une adolescente venue de l’autre bout du monde, Peihn se sent prêt à affronter ses épreuves. Mais comment guérir d’un mal dont on ignore le nom ?
Les Étoiles du silence est un roman saisissant d’une grande sensibilité. Il embarque le lecteur dans un monde sans voix qui peu à peu se trouve et se déploie.
Jean-Marc Ceci est l’auteur du best-seller Monsieur Origami (Gallimard, 2016), récompensé par quatre prix littéraires. Avec Les Étoiles du silence, son troisième roman, nous retrouvons avec délectation l’univers unique et le style inimitable de l’écrivain.
✧ Une histoire boulversante, un style poétique et une atmosphère singulière qui nous happent dans un monde inconnu et envoûtant.
✧ Dans la lignée du Petit prince de Antoine de Saint-Exupéry."
Jean-Marc CECI, Monsieur Origami, Gallimard, collection "La Blanche", 2016
(Lien vers ma page sur le site de Gallimard)
À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l’apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre.
Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.
Jean-Marc CECI, Monsieur Origami, Gallimard, collection Folio, 2018
(Lien vers ma page sur le site Folio)
– Vous avez vraiment tout quitté pour une femme ?
Maître Kurogiku se tait. Regarde Casparo. Parle :
– Posez-vous cette seule question : quitter quoi.
– Eh bien, tout ce que vous aviez.
- À quoi sert-il d'avoir si être nous manque.
Kurogiku a quitté le Japon et vit dans une ruine isolée de Toscane où il s'adonne à l'art de l'origami. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive avec le projet de fabriquer une montre complexe contenant toutes les mesures du temps. Son arrivée va bousculer l'apparente tranquillité de Monsieur Origami.
Ce premier roman, d'un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence.
Jean-Marc CECI, L'herbe dorée, Weyrich-La Traversée, 2020
- Je vois dans tes yeux que tu es perdu. Je connais ce regard, dit Zara.
- Et que vois-tu dans mon regard ?
- Tes yeux me disent que tu t’en vas.
Oumar regarde ailleurs et ne répond pas.
Ce roman a été écrit pour tous les lecteurs, y compris les lecteurs en apprentissage de la langue française, dans le cadre d'un projet mené par l'a.s.b.l. Lire et Ecrire Luxembourg, en partenariat avec les éditions Weyrich.
(Lien vers le site des éditions Weyrich)
(Lien vers le site de la Collection La Traversée)
Jean-Marc CECI, "Le rire de Remano", Macerata, éditions Quodlibet, 2019
(Lien vers le site des éditions Quodlibet)
"Le jeune Martus se souviendrait longtemps du jour où sa mère le força à dire à son grand-père qu’il voulait devenir ébéniste. Martus devait annoncer lui-même qu’il casserait, par sa seule décision, la régularité d’une tradition familiale vieille de dix-huit générations – d’après les archives de l’église –, en vertu de laquelle a régné sur les plages de ce pays une lignée d’authentiques pêcheurs de crevettes grises, tous illettrés mais bien au fait du langage des étoiles, du vent, des marées et de Dieu. La mère, exaspérée et impuissante à faire entendre raison à son fils, avait brandi la menace d’en appeler au grand-père. Quand elle comprit au regard silencieux et déterminé de l’enfant qu’il ne céderait pas, elle le força à rejoindre le fond du jardin ; son grand-père retournait la terre dans la basse-cour et offrait à ses poules des vers de terre tout frais à chasser."
Jean-Marc CECI, "Le monde sans elle", Revue N.R.F., n° 633, 15.11.2018
(Lien vers le site des éditions Gallimard)
"Il attend que la porte d’embarquement soit vide avant de se lever. Il veut être le dernier à entrer. Il prend ses écouteurs, sélectionne «Highway to Hell», d’AC/DC et se perd dans ses pensées.
Il reprend conscience à l’appel des deux noms pour le vol à destination de San José, qui sont attendus d’urgence à la porte d’embarquement. Il tressaille à l’entente de l’autre nom, celui de la femme. Il se lève, présente ses documents de voyage, s’engouffre dans le couloir de verre.
À côté de lui, dans l’avion, le siège de la fenêtre est vide. Le vol jusqu’à San José, au Costa Rica, va durer onze heures quarante.
Il n’a pas prévenu l’agence de voyages, comme si cela ne le concernait plus. Depuis plusieurs jours il se replie sur l’âme amputée qu’il est devenu."
Jean-Marc CECI, "L'Outis", in Victor, ouvrage collectif hors commerce, 2017.
"Lorsque j'avais onze ans, je regardais parfois, à travers la fenêtre de ma classe, le chalet situé à l'arrière de mon école, de l'autre côté de la rue. Le terrain était bordé d'un mélange désordonné d'arbres et de plantations et cela lui donnait un aspect sauvage, presque hostile.
On raconte qu'un truand habitait là. J'y passais parfois à vélo. Lors de mes promenades, je me sentais fier et hardi, je m'imaginais traverser une terre sauvage où sommeillait une lionne féroce qui pouvait bondir sur moi à tout moment. J'étais surtout inquiet et je ne me sentais soulagé qu'à mesure que je m'éloignais de ce lieu étrange."